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CET : une bombe à retardement ?

mardi 24 juillet 2007

Les RTT à l’hôpital, « c’est une bombe à retardement » Près d’un million de journée de RTT n’ont pas été soldées par les médecins du service public • Le docteur Jean-Claude Penochet, secrétaire général de la confédération des praticiens des hôpitaux, dénonce le laisser-aller des précédents gouvernements • Interview.
Par Stéphanie PLATAT

LIBERATION.FR : lundi 16 juillet 2007

Le passage aux 35-heures à l’hôpital a offert aux salariés des journées de RTT. Sauf qu’ils n’ont pas eu le temps de les prendre. Un temps payées, ces journées ne peuvent plus être rachetées aujourd’hui. Elles se sont accumulées depuis, pour atteindre le million de jours. Interview du Docteur Jean-Claude Penochet, secrétaire général de la confédération des praticiens des hôpitaux.

Comment en est-on arrivé là ?

Tout le monde parle de bombe à retardement, mais c’est une bombe que l’on a volontairement et sciemment armée. Il ne faut pas jouer les étonnés aujourd’hui. Il n’y a rien qui se calcule mieux que la démographie ! A l’instauration des 35 heures, nous avions demandé la possibilité de vendre nos journées et qu’on nous les achète. Cela a été possible sur une ou deux années, ensuite, ça n’a plus été permis. Voilà le problème.

Comment sortir de cette crise ?

Il faut revenir vers les gouvernements précédents qui n’avaient rien calculé ! Ou alors il faudrait peut être que les citoyens arrêtent de tomber malade... Ils ont laissé s’accumuler le temps sur le crédit épargne temps, alors qu’il n’y a pas plus simple comme mode de calcul. Une autre mesure serait donc de nous donner à nouveau la possibilité de vendre ces heures, nous n’allons pas les offrir non plus ! Il faut simplement voter un budget spécial pour permettre également aux médecins qui le souhaitent de partir plus tôt à la retraite (grâce à ces journées de RTT cumulées ndlr).

Mais il y a déjà des manques sérieux au niveau du recrutement, précipiter les départs ne risque-t-il pas d’envenimer les choses ?

Sur le plan démographique, il est clair que les quotas en fac sont insuffisants. Tous les calculs le montrent. Il faut donc les élargir. Et favoriser le recours aux médecins étrangers en respectant la qualité des diplômes. C’est toutefois un peu désolant d’avoir recours à ce genre d’option comme on avait fait d’ailleurs il y a quelque temps pour les infirmières.
Il s’agit aussi de remonter certaines filières. Par exemple, il y a un vrai manque de psychiatre, tout le monde en consomme pourtant. On calcule qu’il y a entre 500 et 800 postes de praticiens hospitaliers qui ne sont pas pourvus, l’étiage ne descend jamais en dessous de 500. On fait partout des recommandations sur la qualité, la sécurité, mais personne ne se soucie qu’il n’y ait aucun psychiatre public.

Beaucoup de jeunes diplômés partent également vers le privé...

Il faut donc rendre le secteur hospitalier plus attractif ! Et créer une vraie compétition au niveau du choix des carrières. Les collègues vont dans le privé car la carrière hospitalière n’est pas assez valorisée en terme de salaire, notamment sur les astreintes, et sur le temps additionnel. Ce sont les heures effectuées au-delà des 48 heures de travail, fixées par l’Union européenne et elles sont payées en dessous du salaire moyen. On ne voit ça nulle part, imaginez dans une grande entreprise ! La nouvelle gouvernance (concernant l’organisation et la planification des établissements de santé) n’a rien arrangé en assujettissant davantage encore le personnel.

Des passerelles entre les cliniques et l’hôpital sont-elles envisageables ?

A l’heure actuelle on en est loin ! C’est plus que du simple au double ! Il faut avoir l’attraction du statut salarial pour que cela fonctionne. Mais dans l’autre sens, hôpital-clinique, se pose la question du mode de rémunération. Le secteur public est salarié, mais dans le cas d’un passage au privé, ce statut tombe. Et nous tenons à ce salariat.


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