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Statut des PH : Philippe Douste-Blazy met la pression

mercredi 16 mars 2005

Pierre Faraggi à la une de L’INTERNET DES PROFESSIONNELS DE SANTE EGORA

Par Sandra Boutin

Ce début de semaine n´était décidément pas celui de Philippe Douste-Blazy. Outre le portrait au vitriol publié dans L´Express, le ministre de la Santé recevait ce lundi les représentants des praticiens hospitaliers. Selon les principaux intéressés, Philippe Douste-Blazy n´était pas décidé à les entendre. Pierre Faraggi, président de la CHG, rapporte que le ministre « a prononcé la fermeture des négociations en nous (les syndicats, ndlr) mettant en demeure de signer sous huit jours ». Pas très ouvert à la discussion, Philippe Douste-Blazy aurait même signifié aux délégations syndicales que leurs divisions leur « interdisent toute chance de se faire entendre ». Les syndicats, qui espéraient encore pouvoir obtenir de lui des avancées significatives, sont donc repartis bredouilles. Rachel Bocher a toutefois confié qu´une nouvelle mouture du projet de protocole d´accord devait être adressée aux quatre syndicats dans les 24 heures.

Un coup pour rien donc : le ministre n´est pas parvenu à affirmer son autorité et les syndicats n´ont rien pu négocier. Pourtant, le président de la CHG s´était pour l´occasion muni de la liste des 4.000 signatures à la pétition lancée il y a une vingtaine de jours, ce qui, de l´avis même de Pierre Faraggi, aurait visiblement agacé le ministre, lançant que 4.000 noms de PH, « c´est rien ». « Chiche » rétorque donc le Dr. Faraggi qui a bien l´intention « d´amplifier le mouvement », d´informer les PH de ce qui se trame, notamment lors de la journée de mobilisation du 24 mars prochain et de les inviter à signer la pétition. Tel était en tout cas l´un des principaux messages délivrés à la presse lors d´une conférence organisée ce mardi par la CHG et le collectif de défense de l´hôpital public.

A cette occasion, Bruno Devergie, président du SNPH-CHG (Syndicat National des Praticiens Hospitaliers des Hôpitaux Généraux, dissident de l´INPH), a pour sa part longuement insisté sur la nécessité de ne pas entrer dans une guerre de chapelles intersyndicale. Selon lui, il faut au contraire instaurer un débat dans le respect des positions des autres dans l´objectif de restaurer une organisation de l´hôpital qui ne soit pas axée vers une logique financière. Aujourd´hui, dit-il, la philosophie qui sous-tend la réforme du statut de praticien hospitalier est celle du « primat de l´économique sur le médical, du directeur sur le médecin ». Du coup, on porte atteinte à l´indépendance des médecins, ce qui est en totale contradiction avec le code de déontologie, argumente-t-il.

Il faudra attendre lundi prochain pour savoir qui souhaite suivre le ministre de la Santé dans cette logique, les deux poids lourds du syndicalisme hospitalier demeurant, au vu des dernières enquêtes de représentativité, l´INPH et la CHG. La CHG se refuse à l´idée d´engager les PH dans une telle « destruction du statut » et l´INPH revendique toujours de véritables négociations. En revanche, la CMH serait plus encline à signer, pour peu que certaines retouches soient faites et le SNAM-HP s´alignerait sur la décision du syndicat de François Aubart. Cela étant, ces deux structures syndicales représentent au mieux environ 30 % de la profession. Mais peu importe : d´aucuns sont prêts à penser que Philippe Douste-Blazy pourrait se contenter de ces deux signatures pour faire passer sa réforme du statut, si les deux autres campaient sur leur position.



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