Fondé le 9 juillet 1945, le « Syndicat des Médecins des Hôpitaux Psychiatriques » qui deviendra le « Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux » (SPH) vient assurer la continuité de l’Association amicale des médecins des établissements publics d’aliénés de France créée en 1907 avec pour missions principales :
« Art. 1er … de prendre en main les intérêts généraux et particuliers de ses membres et de poursuivre l’amélioration de leur situation moral et matérielle ;
Art 2 … d’observer les règles de l’honorabilité professionnelle … ;
Art 3 … d’étudier tous les problèmes touchant à la santé mentale et de favoriser par tous les moyens en son pouvoir le perfectionnement des méthodes de traitement et d’assistance des malades mentaux ».
Parmi ses membres fondateurs, on retrouve de nombreux psychiatres qui ont marqué l’histoire de la psychiatrie de l’après-guerre : Georges Daumezon, 1er secrétaire du Conseil, Jean Lauzier, Paul Sivadon, Lucien Bonnafé, Henri Ey, Louis Le Guillant, …
La même année paraît le premier numéro de « L’information psychiatrique », à l’époque bulletin syndical du SPH devenue aujourd’hui la revue scientifique mensuelle des psychiatres des hôpitaux.
La psychiatrie française a beaucoup souffert durant la guerre et un souffle de réforme s’empare d’elle à la libération notamment lors des Journées de l’Union des Médecins Français en 1945 qui permettent l’élaboration d’une charte dont les principaux points seront repris dès sa création par le « Syndicat des Médecins des Hôpitaux Psychiatriques » :
- l’unité et l’indivisibilité de la prévention, de la prophylaxie, de la cure et de la post-cure,
- l’originalité profonde des problèmes psychiatriques qui conduit à donner aux psychiatres le maximum de responsabilités techniques et d’autorité dans le domaine de leur ressort,
- la compétence des psychiatres qualifiés étendue à tous les problèmes de santé mentale,
- la direction de tous services extérieurs ou hospitaliers assurée par des spécialistes détenteurs d’un titre national et exerçant à temps complet,
- pour des motifs relevant des caractéristiques fondamentales de l’activité psychothérapique, l’absence de hiérarchisation au sein du cadre afin de ne pas entamer l’indépendance de chaque chef de service ;
- un nombre de chefs de service supérieur à un pour deux cents malades hospitalisés, chacun devant en outre être chargé de services extérieurs.
A partir de cette époque, l’évolution de la psychiatrie française sera toujours liée au Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux, inscrit dans son histoire avec :
- la création de l’hospitalisation libre en psychiatrie en 1951, le 1er hôpital de jour en 1954, la sectorisation, la politique de secteur (1960) et sa légitimation en 1985,
- l’autonomie de la psychiatrie et sa séparation d’avec la neurologie,
- la modernisation de son enseignement,
- le statut de médecins à temps partiel des hôpitaux en 1974 puis le statut des praticiens hospitaliers en 1984,
- l’ouverture à l’intersectorialité en 1990,
- …
En 1998, le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux intègre la Confédération des Hôpitaux Généraux (intersyndicat de praticiens des hôpitaux de toutes disciplines) qui deviendra en 2005 la Confédérations des Praticiens des Hôpitaux afin de potentialiser la promotion de l’hôpital public, le statut et la place du médecin à l’hôpital. Cette union tient compte des effets du nouvel internat, des nouveaux textes législatifs qui alignent la psychiatrie des hôpitaux et les psychiatres sur les autres spécialités.
Actuellement, fort de ses 1700 membres, le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux est de loin le premier des syndicats de psychiatres hospitaliers publics français.
Il défend les intérêts généraux et particuliers de ses membres ainsi que l’amélioration de leur situation morale et matérielle. Il étudie tous les problèmes touchant à la santé mentale et favorise par tous les moyens en son pouvoir le perfectionnement des méthodes de prévention, de traitement et d’assistance en psychiatrie. Il s’emploie à améliorer les conditions d’exercice de la psychiatrie publique et à développer le service public de santé mentale.
Le SPH a toujours privilégié la promotion du service public, la défense de ses moyens et l’indépendance des médecins. Premier artisan de la mise en place du secteur, de son implantation dans les hôpitaux généraux et de la globalisation de ses sources de financement, il continue à défendre plus que jamais la garantie d’indépendance des praticiens, le maintien des procédures nationales de recrutement et des modalités collégiales de coordination des soins.
Pour mieux soutenir la défense du service public hospitalier, le SPH s’est engagé dans la Confédération des Praticiens des Hôpitaux dans lequel il joue un rôle moteur.
Le SPH recherche en permanence des points d’accord avec l’ensemble des organisations représentatives de la psychiatrie publique. A l’intérieur du Comité d’Action Syndical de la Psychiatrie dont il est membre fondateur, il défend les intérêts de l’ensemble de la discipline ?
A chaque fois que la défense du service public le nécessite, il recherche des alliances avec les grandes centrales syndicales représentatives de la fonction publique hospitalière.
Le SPH assure la défense individuelle des praticiens sous forme de conseils, de soutiens et d’accompagnements dans les démarches juridiques lors de difficultés concernant les obligations statutaires, la déontologie, le secteur privé, la fiscalité professionnelle, ou lors de conflits avec les administrations, la justice, la poursuite par un tiers, …
En prolongement de son action syndicale, le SPH a développé sa réflexion scientifique au sein de la Société de l’Information Psychiatrique (SIP). La SIP est membre fondateur et actif de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) et de l’Association Mondiale de Psychiatrie (WPA) où elle fait entendre la voix de la psychiatrie française.
La SIP organise chaque année « Les journées de l’information psychiatrique » qui succèdent à l’Assemblée Générale du SPH. Ces rencontres scientifiques, conformes aux exigences de la formation médicale continue et de l’évaluation des pratiques professionnelles, rassemblent un grand nombre de collègues.
Le SPH et la SIP sont les promoteurs de la revue scientifique « L’information psychiatrique ».
L’adhésion récente du SPH à la Fédération Européenne des Médecin Salariés représente pour le SPH le moyen de poursuivre ses objectifs au niveau européen pour :
- la promotion d’un service public de santé de qualité accessible à tous et respectueux de la dimension humaine du soin en s’opposant aux dérives bureaucratiques,
- la défense catégorielle et l’équité entre praticiens,
- l’amélioration des conditions de travail des médecins salariés et notamment en ce qui concerne la définition du temps de travail,
- la recherche d’une meilleure attractivité du service public et de sa démographie médicale,
- le développement des échanges européen au sein de la discipline psychiatrique.